VALIS IV
THE FANTASM SOLDIER
PLATES-FORMES / ACTION
TELENET / LASER SOFT
1991

Et bah voilà, on y arrive : Valis IV, l'ultime épisode de cette mythique saga. Comme d'habitude, je pense aux deux-trois pélerins qui suivent cette série avec attention en procédant à un petit récapitulatif de l'histoire : ce coup-ci, le scénario est légèrement plus compliqué qu'à l'accoutumée, dans la mesure où il fait référence à une légende des temps anciens. En effet, il y a très longtemps de cela, le roi Asfar donna à son fils Garugia une bague magique, prodiguant à celui qui la porte un pouvoir incommensurable. Comme on pouvait s'en douter, le jeune prince n'arrive pas à controler cette force incroyable et pète un cable, ce qui oblige les dieux à intervenir en emprisonnant Garugia et sa troupe dans un cristal, au plus profond de l'océan. Au moins comme ça, ils ne devraient pas faire trop de dégâts...c'est tout du moins ce que tout le monde pense.
Hop, on revient à notre époque, soit quinze ans après que Yuko se soit débarassée de Glames dans Valis III. Le seul problème, c'est que les deux épées sacrées (Valis et Lesas) se trouvent désormais dans les cieux, et non plus sur terre. Or, la légende dit que si un jour, pour une raison ou une autre, les deux épées ne peuvent plus veiller sur la Terre, alors Garugia refera surface. C'est effectivement ce qui se produit et, immédiatement, Valna se fait capturer par l'infâme prince déchu. Pas de bol pour elle, Yuko n'est pas en mesure de la secourir (cf. la fin de Valis III), et Cham étant devenue chef de la résistance, elle ne peut se permettre de délaisser ses troupes pour partir à sa rescousse. C'est ainsi que Lena et sa soeur jumelle Amu décident de partir au combat pour sauver Valna. Après un affrontement avec Garugia en guise d'avertissement, elles seront finalement rejoint par Asfar, bien décidé à commettre un infanticide. Leur but à tous les trois : récupérer l'épée Valis au Paradis, et en finir une bonne fois pour toute avec ce ladre de Garugia.

Comme dans le précédent volet, les trois héros ont chacun des capacités propres : Lena peut tackler, Amu maîtrise l'art du double-saut, et enfin Ashfar est insensible aux pics et champs de force. Toutes ces facultés vont vite se révéler indispensables à qui souhaite mener à terme les neuf niveaux du jeu : en plus d'être longs, ces derniers n'ont pas oublié d'être durs, et autant dire que les joueurs n'ayant pas pratiqué l'épisode précédent risquent d'en chier. Heureusement, ce n'est pas non plus impossible, mais il faudra quand même s'accrocher un minimum si l'on souhaite dépasser le stage 4.
Avec ce volet final, la saga Valis s'offre enfin une jouabilité digne de son prestige : nettement moins pointu au niveau des sauts que son grand-frère (qui était parfois limite-exaspérant), Valis IV reste cependant suffisament précis pour ne pas en devenir abérrant. Et puis, autre bon point, le sprite principal ne culbute plus (ou peu) sur les ennemis : voilà qui devrait réconcilier les traumatisés de Valis III.

Sur le plan de la réalisation, Valis IV reste avant tout un Valis, c'est à dire inégal. On notera quand même un petit boost graphique, rendant cet opus finalement bien agréable à regarder : certains décors sont pourtant assez moches (j'en profite pour dire que si Valis III avait droit à son Godzilla, Valis IV se paye carrément Ultraman : le luxe !), mais au final, je le trouve ma foi visuellement très réussi. Musicalement parlant, c'est aussi tout à fait convenable, sans pour autant péter le plafond.
En plus de ça, l'équipe de développement, désormais rodée avec les autres épisodes de Valis ainsi qu'avec la série des Cosmic Fantasy, nous offre une nouvelle fois des scènes animées fantastiques, enjouées ou dramatiques (les interludes avant les derniers niveaux valent le coup d'oeil), mais toujours passionnantes. C'est d'autant plus remarquable que le jeu tourne sur un simple CD-ROM2 : du bon boulot, pour sûr.

Pourtant, malgré tous ces points positifs, Valis IV n'a pas réussi à remplacer son prédécesseur dans le coeur des fans. Les plus accros (otaku-neuneux ?) vous diront qu'un Valis sans Yuko n'est pas un Valis : ils n'auront pas forcément tort, même si on peut qu'applaudir le choix des développeurs, qui ont préféré risquer et injecter du sang neuf dans leur saga plutôt que de se reposer sur la popularité de leur ambassadeur (sans les pubs Ferrero, j'étais bon pour mettre "ambassadrice" : quelle classe !) : tout le monde ne peut pas en dire autant.
Les joueurs un peu moins fanatiques diront seulement que l'ambiance est un peu moins puissante et rêveuse que dans Valis III. Peut-être aussi un tantinnet trop classique.

Dans tous les cas, et au risque d'être catalogué comme étant pro-Valis, Valis IV se présente comme un excellent jeu, il n'y a rien à redire là-dessus. Beau, scénarisé (en japonais, mais est-il besoin de le préciser ?), jouable, long et accrocheur, il mérite on ne peut plus sa place dans votre ludothèque.

___________________________________________________________________________________________Kabuki

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