Développé
à l'origine sur Atari ST et Amiga par Peter Molyneux -fondateur de la
mythique boîte anglaise Bullfrog-, Populous, le premier "god
simulator", fut couronné de succès à travers toute la planète, récoltant
les prix les plus prestigieux (dont le fameux Tilt d'Or décerné par
le magazine du même nom, aujourd'hui disparu -rigolez pas ! A l'époque,
c'était la référence-). Un tel succès est arrivé jusqu'aux oreilles
de nos amis nippons qui se sont empressés de racheter la licence. Imagineer
s'est chargé de l'adaptation sur une toute nouvelle console japonaise
qui était sur le point de sortir dans l'archipel (la Super Famicom,
ça vous dit quelque chose ?). Quant à Hudson Soft, détenteur des droits
de Populous pour toutes les consoles PC Engine, ce dernier sortait dans
un premier temps une version au format HuCARD "gonflée à bloc" (devenue
un véritable collector, et dont vous trouverez la description sur ce
même site).
Mais comme
chez Hudson Soft, on aime bien rentabiliser un titre au maximum (c'est
de l'humour, Hudson Soft, c'est quand même pas Eidos ;o) et qu'à l'époque
la nouvelle gamme de lecteurs Super CD-ROM venait juste de sortir (d'ailleurs
le boîtier du CD comporte une pub à l'arrière sur une demi-page ! Scandaleux
!) et qu'elle manquait cruellement de softs "new generation", les petits
gars de chez Hudson se sont dits un beau matin de printemps "Tiens !
Si on sortait une version SCD de Populous ?". Il faut dire que Bullfrog
avait entre temps sortit une tonne de data-disks et que cette dernière
constituait une bonne source de travail pour Hudson Soft. Le moteur
graphique était créé, les datas étaient disponibles. En gros, il ne
restait plus qu'à Hudson Soft le soin de réaliser des musiques au format
CD, quelques modifications graphiques. Cependant Hudson Soft a quand
même décidé de redessiner les sprites des personnages par rapport à
la version HuCARD (histoire de justifier la passage à la sauce 3.0),
les affublant d'un contour qu'on aime ou qu'on déteste. Ils se sont
aussi fendus d'une petite séquence d'intro à la "Star Wars".
Le "Populous
classique" est donc disponible, et il n'apporte rien de plus à la version
HuCARD (disponible en test dans les pages de notre ami Kabuki). Les
battements de cœur sont toujours aussi crispant et donne une dimension
dramatique au jeu. Ce qui est amusant dans cette version, c'est la partie
"Promised Lands" avec ses stages "Wild west" (sans Will Smith,
ouf !), "Wire frame" (vectoriel style Vectrex), "Silly
land" (quoi ?! Un virus dans ma PC Engine ?), "Twilight city"
(musique très jazzy), "Révolution française" (en français
dans le texte), "Lego" (block land), et bien sans oublier
la mascotte de Hudson Soft (non ce n'est pas PC Kid), le légendaire
Bomberman, qui amènent un peu de fantaisie dans un jeu légèrement soporifique
au bout de quelques heures. Le plus délirant étant le stage "Computer"
(bit plains) où deux marques d'ordinateurs bien connues s'affrontent
: Atari et Commodore. Eh oui ! Quand Populous est sorti, la guerre entre
Atari & Commodore battait son plein, chacun ayant son lot de fanatiques
prêts à défendre corps & âmes, les uns l'Atari 520 ST, et les autres
l'Amiga 500. Dans le jeu, c'est Atari qui représente le mal (hin hin
!). Tenez-vous bien car Hudson récidive dans la pub à outrance : les
tentes miteuses de vos pélerins sont représentées par des PC-Engine
Shuttle puis évolue vers des PC Engine blanche (simple maison) puis
en valise PCE+CD (tour) pour terminer en quatre valises PCE+Core reliées
en réseau sur 4 télés (censées représenter le château). Si ça c'est
pas de la pub !
Toutefois
il est quand même curieux que les Japonais n'ai pas pensé à changer
les drapeaux. Pour eux, Atari et Amiga étaient deux marques un peu "folkloriques"
et ils préféraient nettement leurs bons vieux MSX ou les PC-8088 de
NEC. Hudson Soft devait vraiment être pressé car mis à part ces stages
bonus qui n'apportent franchement rien au jeu, il n'y a rien d'autre
à signaler comme modification. Populous The Promised Lands reste quand
même un jeu à part : les bonus stages sont assez délirants mais le concept
reste identique. Ce mélange anglo/japonais aurait pu aboutir à quelque
chose d'encore plus grand. Des intermèdes animés auraient été les bienvenus
et auraient motivé le joueur. Car le problème de Promised Lands, c'est
qu'il ne justifie à aucun moment son portage sur Super CD-ROM.
Necos