POPULOUS
THE PROMISED LANDS
GOD GAME
BULLFROG / HUDSON SOFT
1989 / 1992

Développé à l'origine sur Atari ST et Amiga par Peter Molyneux -fondateur de la mythique boîte anglaise Bullfrog-, Populous, le premier "god simulator", fut couronné de succès à travers toute la planète, récoltant les prix les plus prestigieux (dont le fameux Tilt d'Or décerné par le magazine du même nom, aujourd'hui disparu -rigolez pas ! A l'époque, c'était la référence-). Un tel succès est arrivé jusqu'aux oreilles de nos amis nippons qui se sont empressés de racheter la licence. Imagineer s'est chargé de l'adaptation sur une toute nouvelle console japonaise qui était sur le point de sortir dans l'archipel (la Super Famicom, ça vous dit quelque chose ?). Quant à Hudson Soft, détenteur des droits de Populous pour toutes les consoles PC Engine, ce dernier sortait dans un premier temps une version au format HuCARD "gonflée à bloc" (devenue un véritable collector, et dont vous trouverez la description sur ce même site).

Mais comme chez Hudson Soft, on aime bien rentabiliser un titre au maximum (c'est de l'humour, Hudson Soft, c'est quand même pas Eidos ;o) et qu'à l'époque la nouvelle gamme de lecteurs Super CD-ROM venait juste de sortir (d'ailleurs le boîtier du CD comporte une pub à l'arrière sur une demi-page ! Scandaleux !) et qu'elle manquait cruellement de softs "new generation", les petits gars de chez Hudson se sont dits un beau matin de printemps "Tiens ! Si on sortait une version SCD de Populous ?". Il faut dire que Bullfrog avait entre temps sortit une tonne de data-disks et que cette dernière constituait une bonne source de travail pour Hudson Soft. Le moteur graphique était créé, les datas étaient disponibles. En gros, il ne restait plus qu'à Hudson Soft le soin de réaliser des musiques au format CD, quelques modifications graphiques. Cependant Hudson Soft a quand même décidé de redessiner les sprites des personnages par rapport à la version HuCARD (histoire de justifier la passage à la sauce 3.0), les affublant d'un contour qu'on aime ou qu'on déteste. Ils se sont aussi fendus d'une petite séquence d'intro à la "Star Wars".

Le "Populous classique" est donc disponible, et il n'apporte rien de plus à la version HuCARD (disponible en test dans les pages de notre ami Kabuki). Les battements de cœur sont toujours aussi crispant et donne une dimension dramatique au jeu. Ce qui est amusant dans cette version, c'est la partie "Promised Lands" avec ses stages "Wild west" (sans Will Smith, ouf !), "Wire frame" (vectoriel style Vectrex), "Silly land" (quoi ?! Un virus dans ma PC Engine ?), "Twilight city" (musique très jazzy), "Révolution française" (en français dans le texte), "Lego" (block land), et bien sans oublier la mascotte de Hudson Soft (non ce n'est pas PC Kid), le légendaire Bomberman, qui amènent un peu de fantaisie dans un jeu légèrement soporifique au bout de quelques heures. Le plus délirant étant le stage "Computer" (bit plains) où deux marques d'ordinateurs bien connues s'affrontent : Atari et Commodore. Eh oui ! Quand Populous est sorti, la guerre entre Atari & Commodore battait son plein, chacun ayant son lot de fanatiques prêts à défendre corps & âmes, les uns l'Atari 520 ST, et les autres l'Amiga 500. Dans le jeu, c'est Atari qui représente le mal (hin hin !). Tenez-vous bien car Hudson récidive dans la pub à outrance : les tentes miteuses de vos pélerins sont représentées par des PC-Engine Shuttle puis évolue vers des PC Engine blanche (simple maison) puis en valise PCE+CD (tour) pour terminer en quatre valises PCE+Core reliées en réseau sur 4 télés (censées représenter le château). Si ça c'est pas de la pub !

Toutefois il est quand même curieux que les Japonais n'ai pas pensé à changer les drapeaux. Pour eux, Atari et Amiga étaient deux marques un peu "folkloriques" et ils préféraient nettement leurs bons vieux MSX ou les PC-8088 de NEC. Hudson Soft devait vraiment être pressé car mis à part ces stages bonus qui n'apportent franchement rien au jeu, il n'y a rien d'autre à signaler comme modification. Populous The Promised Lands reste quand même un jeu à part : les bonus stages sont assez délirants mais le concept reste identique. Ce mélange anglo/japonais aurait pu aboutir à quelque chose d'encore plus grand. Des intermèdes animés auraient été les bienvenus et auraient motivé le joueur. Car le problème de Promised Lands, c'est qu'il ne justifie à aucun moment son portage sur Super CD-ROM.

Necos

 

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