PC-ENGINE

Tout d'abord, lors de sa sortie (1987), elle est clairement au dessus de ses concurrentes sur le plan technique : à une époque où la MegaDrive n'est pas encore sortie, la N.E.S. de Nintendo et la Master System de Sega ne sont guère en position pour concurrencer les graphismes de la PC-Engine de NEC (Nippon Electronic Corporation). Cela s'explique facilement lorsque l'on sait qu'elle est la seule à proposer une palette de 512 couleurs (dont 256 affichables simultanément à l'écran) alors qu'à titre d'exemple, la palette de la N.E.S. est réduite à 52 couleurs et la palette de la Master System à 64 couleurs... De même au niveau sonore : 6 voies stéréo, 8 octaves dont 1 voie FM, alors que ses deux concurrentes ne présentent que 3 voies mono. Cependant, que serait tout cela sans un bon, que dis-je, un EXCELLENT microprocesseur : le 65CO2 cadencé à 7,2 MHz (oui je sais, ça fait rire lorsque l'on voit le processeur central de la DreamCast qui tourne à 200 MHz !) remplit merveilleusement son travail, sans jamais faiblir. Là aussi, N.E.S. et Master System sont largués puisque leur processeur tourne respectivement à 1,9 MHz et 3,6 MHz.

Enfin bref, tous ces chiffres insipides sont là pour vous montrer que la PC-Engine avait vraiment douze longueurs d'avance sur la concurrence, et ce dès sa sortie. Toutefois, si vous voulez en savoir plus sur les entrailles de la bécane, jetez un coup d'oeil au récapitulatif technique qui doit traîner quelque part sur ce site (hum, pas la peine de le chercher, il n'y est pas...-sic-).

Ah oui, et puis un truc important quand même ! La PC-Engine adopte un régime spécial : pas de cartouches comme on peut en trouver chez les concurrents, mais des cartes, communément appelées HuCARD (Hudson Card). Pour vous donner un ordre d'idée, une HuCARD à la taille d'une carte de crédit (jetez un oeil à celle de P-47 -merci à Ralph !-)...Vive la miniaturisation, d'autant plus que les matériaux utilisés sont d'une très grande qualité, permettant un taux de transfert des données rarement atteint : pas un poil de pet de mouche de temps de chargement ; dès que l'interrupteur est enclenché, le jeu démarre. Fameux (surtout de nos jours, où la lenteur des lecteurs CD gâche le plaisir) !


CD-ROM2

Lorsqu'en 1989, Sega lance la relève de la Master System, à savoir la MegaDrive, on se dit que la PC-Engine va s'en prendre plein la tronche, et tomber dans les méandres de l'oubli infini. En fait, ce n'est pas le cas puisque, même si le combat est inégal (une 8 Bit contre une 16 Bit), le parc installé de PC-Engine est suffisant pour ne pas voir s'effondrer le marché, et surtout car NEC se lance une fois de plus dans la course à l'innovation (qu'il continuera sans cesse pour maintenir sa console au niveau). Le fruit de ce travail est le CD-ROM2 ("2" pour "ROM ROM") qui, couplé avec la PC-Engine, forme la première console à base de CD du marché : la révolution est en marche ! Doté d'un lecteur simple vitesse, le CD-ROM2 fait découvrir aux joueurs les joies des temps de chargement (sic), des dessins animés et, surtout, le bonheur des musiques digitales !

Lorsqu'ils s'en donnent les moyens, les programmeurs arrivent à nous pondre des merveilles, obligeant le possesseur de MD à se poser la question suivante : "Mais j'ai rien compris à la vie ou quoi ?". Par exemple, lorsque l'on joue à Wonder Boy III Monster Lair sur MD, puis PCE/CD2, on a vraiment mal pour le gars qui a choisi la version MD : laide, chiante, et infidèle à la borne d'arcade, elle fait vraiment de la peine. Au contraire, la version PCE/CD2 propose des graphismes ressemblant comme deux gouttes d'eau à l'original, la possibilité de sauvegarder ses scores, et bien sûr une magnifique bande sonore... Cependant, tout ne va pas toujours dans ce sens, et l'on tombe parfois sur de grosses désillusions : l'adaptation PCE/CD2 du cultissime Golden Axe en est une car, alors que la cartouche MD est exemplaire, la version NEC est catastrophique.

Un exemple qui démontre que, même adjoint du 'boost' que constitue son lecteur CD, la PC-Engine reste une "vieille" 8 Bit.


COREGRAFX

Pour redynamiser l'image vieillissante de sa console, NEC lance en 89 la CoreGrafX, qui ne diffère de la PC-Engine que par sa couleur anthracite (alors que l'originale est blanche), et un prix de production inférieur : que l'on soit bien d'accord, la CoreGrafX et la PC-Engine sont parfaitement identiques sur le plan technique. La PC-Engine se différencie de la CoreGrafX par le fait qu'elle se branche sur la prise antenne de la télé, et non pas sur la péritel. En fait, via un accessoire appellé "AV-Booster", il est possible de passer par la péritel. Cependant, pour la sortie en France de la console, Sodipeng (cf. plus loin) en a profité pour procéder à une petite modification matérielle, évitant ainsi de recourir à ce périphérique.

C'est d'ailleurs sous ce nouveau look que va être distribuée, en janvier 1990, la PC-Engine dans notre beau pays (la France, pour ceux qui n'auraient pas suivis...) grâce à nos amis de chez Sodipeng (SOciété DIstributrice de la PC-ENGine). On ne peut pas véritablement parler de console française puisque ce sont les modèles japonais qui sont directement importés en France, de même pour les jeux. Sodipeng se contente d'approvisionner les revendeurs et de joindre des notices en français aux différents produits (en fait de notices, ce sont plutôt des explications succinctes tapées à la machine à écrire, mais bon...).


 

SHUTTLE

La même année, NEC sort un autre modèle de PC-Engine, nommé Shuttle. Son design futuriste n'a plus grand chose à voir avec le "petit cube blanc" que l'on connaît, et son incompatibilité avec le lecteur de CD-ROM en fait une console qui n'apporte rien à la gamme.

Petit message perso : si ça intéresse quelqu'un, j'ai une "memory card" pour Shuttle à vendre/échanger...


TURBOGRAFX-16

Dans le même genre, notons que les Américains se distinguent une fois de plus puisque là-bas, la PC-Engine s'appelle TurboGrafX-16 alors que c'est une 8 Bit, rappelons-le (en fait, la branche américaine de Nec joue sur le fait que la TGX-16 présente un processeur graphique 16 Bit (de même pour la PC-Engine)). Toute noire, elle présente une taille supérieure à la CoreGrafX, et surtout l'inconvénient d'être totalement incompatible avec les jeux étrangers (c'est à dire japonais (vous savez, ceux qui sont importés en France !)). En fait, il est possible de faire passer les jeux PC-Engine sur une TGX-16 (et dans ce sens seulement !) à l'aide d'un adaptateur (le meilleur étant le Kisado Converter) mais cela tient plus de la magouille qu'autre chose...A noter cependant que les titres sur CD-ROM sont compatibles quelle que soit la provenance de la machine. Vu le peu de titres disponibles en version américaine, la TurboGrafX-16 n'est sans doute pas le meilleur choix pour quelqu'un n'habitant pas aux Etats-Unis.


SUPERGRAFX

Hop, nouvelle décennie, nouvelle machine : NEC nous fait profiter de sa petite dernière, la SuperGrafX. Clairement destinée à contrer la MegaDrive au Japon, cette console se présente comme une PC-Engine améliorée. Même si le microprocesseur et les capacités sonores restent les même, mémoires (vive & vidéo), palette de couleurs, résolution etc.... sont gonflés. Les jeux qui profitent de ces nouvelles possibilités sont étonnants et irréalisables sur une PC-Engine "simple", même boostée par le CD-ROM2. Malheureusement, la SGX ne connaîtra pas le succès escompté, et les softs spécialement conçus pour elle se comptent quasiment sur les doigts d'une main : cinq et demi (Battle Ace, GranZort, Ghouls 'n Ghosts, Aldynes, 1941, et Darius Plus qui est jouable sur une PCE "normale", mais qui bénéficie d'améliorations si on le joue sur une SGX), en tout et pour tout ! Heureusement, la SGX est parfaitement compatible avec tous les jeux tournant sur PC-Engine "normale", et bénéficie ainsi d'un important catalogue de titres (près de 600).

Il faut signaler que, si vous souhaitez brancher le CD-ROM2 sur la SGX, une interface (vendue à part) se plaçant au dos de la console est obligatoire. Par contre, le Super CD-ROM2 n'en à pas besoin....


PC-ENGINE GT

Fin 1990 voit débarquer la PC-Engine GT qui n'est autre qu'une PC-Engine portable. Tous les jeux sont en effet compatibles ! D'une taille raisonnable (175 x 105 x 43 mm), elle dispose d'un écran couleur d'une grande qualité, bien qu'il soit un peu petit (2,6 pouces) : la matrice utilisée est excellente et évite les désagréables effets de flou que l'on trouve sur les autres portables. Certains jeux ont un meilleur rendu que d'autres, mais cela reste toujours jouable. On retrouve toute la PCE dans la GT, que se soit la croix de direction, les boutons ( I / II / SELECT / START ) ou les réglages de l'Auto-Fire. La finition de l'ensemble est réellement impeccable, et NEC met une fois de plus dans le vent tous ses concurrents.Seul inconvénient : une telle débauche technologique coûte cher et, outre la console, il faudra débourser pour vous armer d'un stock conséquent de piles. En effet, la GT ne demande pas moins de 6 piles (de type AA) pour seulement 2h30 d'autonomie.

Quoi qu'il en soit, les nomades seront aux anges avec un tel bijou, d'autant plus qu'il est possible de lui adjoindre un Tuner, permettant ainsi de regarder la TV sur sa console : le pied ! Malheureusement, à moins d'habiter au Japon ou aux Etats-Unis, vous ne pourrez profiter de cet accessoire ne fonctionnant qu'en NTSC.

Petite remarque : aux Etats-Unis, la GT a été renommée Turbo Express et souffre des même soucis de compatibilité que sa grande soeur. 


SUPER CD-ROM2

Quelques années plus tard, sort l'un des plus populaires périphériques de la PC-Engine, à savoir le Super CD-ROM2. Présenté comme la dernière version du CD-ROM de la PCE, on se retrouve avec un lecteur de CD-ROM double vitesse, 256Ko de mémoire vidéo (au lieu de 64Ko) et de nouvelles librairies de programmation. NEC n'oubliant jamais ses clients, il est possible de jouer à des jeux Super CD-ROM2 même si l'on ne possède qu'un CD-ROM2 grâce à l'ajout une HuCARD ( la Super System Card 3.0 ) dans le port carte de la PCE : pas besoin de changer de matos, une petite HuCARD suffit pour "upgrader" son matériel.

Résultat : c'est un nouvel essor pour NEC qui propose aux joueurs des produits sans cesse plus beaux, recherchés et intéressants. En particulier, les shoot'em up et les R.P.G. connaissent une amélioration prodigieuse : il suffit de jouer à Gate Of Thunder ou à Tengai Makyo II pour s'en convaincre !


 

 

COREGRAFX II

Peu après, la CoreGrafX II est disponible sur le marché et, comme c'était le cas pour la CoreGrafX vis-à-vis de la PC-Engine, elle n'apporte que peu de modifications à la CoreGrafX : logo orange au lieu d'être bleu, et prix de développement (et donc de vente) inférieurs sont les points majeurs de ce changement dans la continuité.


DUO

NEC profite du nouveau périphérique qu'est le Super CD-ROM2 pour lancer la PC-Engine Duo, qui présente une CoreGrafX et un Super CD-ROM2 dans le même boîtier. Une fois n'est pas coutume, le design de la Duo est très réussi : sa sobriété classieuse lui assure le succès auprès des personnes de bon goût.

La Duo est une console de premier choix et, si vous deviez vous équipper aujourd'hui d'une console NEC "prête à jouer", c'est sans doute vers elle qu'il faudrait se tourner...

A noter l'existence d'un périphérique permettant de transformer la Duo en portable (ou plutôt en " transportable ", et encore...(dans le genre "Y a quoi dans ton sac là, ta guitare ? Ah bon, c'est ta console portable ?!" :)) de par l'adjonction d'un petit écran (de très bonne qualité) et d'une batterie, respectivement sur le côté et le derrière de la console. Sachant que l'autonomie est d'environ cinq heures, et que "Duo + écran + batterie = TRES cher", cette machine relève plus de l'expérience de laboratoire que de la portable ultime.


 PC-ENGINE LT

Au contraire, la PC-Engine LCD TV, plus connue sous le nom de PC-Engine LT, se trouve être une arme de grand luxe. Très petite, elle se présente sous la forme d'un " cube dépliable " (comme les Game&Watch à 2 étages) : sur la partie inférieure se trouve la croix de direction, les boutons, le port HuCard etc., tandis que la partie supérieure est réservée à l'écran. Ce dernier utilise les même matrices que celles utilisées pour l'écran de la " Duo transportable ", mais sa plus petite taille lui permet une qualité d'affichage absolument exceptionnelle. De plus, comme son nom l'indique, il est possible de s'en servir comme TV (sans avoir à ajouter de Tuner). Enfin, les différentes sorties en façade permettent de la brancher sur tout et n'importe quoi, que ce soit un Super CD-ROM2 ou une chaîne Hi-Fi. Très chère (sans blague ?), la PC-Engine LT ne connaît qu'un succès d'estime, mais reste un véritable joyau technologique.

 


DUO-R

L'épopée touche à sa fin, et NEC joue ses dernières cartes ave la Duo-R. Là encore, on vire les parties inutiles de la Duo, réduisant ainsi son prix de vente (on commence à avoir l'habitude) : bye bye à la prise casque, à l'une des sorties vidéo, au loquet de verrouillage du lecteur CD, et à la possibilité de connecter des batteries. A noter sa couleur blanche, alors que la Duo est anthracite...

 

 


DUO-RX

Enfin, la der des der : la Duo-RX, qui n'est qu'une Duo-R vendue en bundle avec un paddle 6 boutons (pour des jeux comme Street Fighter II' par exemple) du même genre que celui de la PC-FX (la 32-Bit de NEC).