Second jeu spécifique à la SupergrafX après Battle
Ace, Granzört est le plus réussi techniquement sur les
cinq jeux au total dédiés à cette fabuleuse machine. Tiré d'un dessin
animé japonais du même nom, vous incarnez un robot dont la mission est
de virer les méchants venus occuper votre belle planète.
Sa principale caractéristique est de pouvoir se transformer
à volonté en 3 robots distincts en appuyant sur le bouton "RUN",
à la manière d'un "Transformer". Bien-sûr ces trois robots ont des armes
et des pouvoirs spéciaux différents : avec l'armure rouge (dieu de la
terre), vous maniez l' épée et vous avez la faculté de déclencher des
tremblements de terre permettant ainsi atteindre des ennemis à bonne
distance ou en étant soi-même planqué. Le robot bleu (dieu de l'eau)
possède une lance et il est capable pour ce protéger en créant un champ
de force autour de lui. Et le plus utilisé, le robot vert (dieu du vent)
qui, à la différence des deux autres robots possédant une arme pour
le corps à corps, dispose d'un arc envoyant des rayons lasers, pouvant
donc buter les ennemis sans s'en approcher. Second gros avantage, son
arme spéciale lui permet de s'élever dans les airs : indispensable !
Mais l'utilisation de l'arme spéciale n'est que très temporaire : une
jauge au bas de l'écran diminue très vite lors de l'utilisation du pouvoir
magique. Bien sûr, quand elle est vide vous ne pouvez plus l'utiliser,
mais elle augmente de nouveau après un petit temps de récupération.
Le jeu se déroule principalement sur un scrolling horizontal
tout en changeant de niveau régulièrement (la fluidité du scrolling
multi-directionnel est époustouflante !). Vous pouvez choper au cours
du jeu deux types de protection : l'armure d'argent qui permet de se
faire toucher une fois, et l'armure d'or où l'on est invincible pendant
un temps limité. Lorsque vous apercevez un petit lapin tuez-le immédiatement,
il vous laissera les pastilles augmentant votre puissance (3 niveaux
en tout). La grande qualité du jeu est son intelligence, je m'explique
: il ne suffit pas d'avancer et bourriner tout ce qui bouge, mais adapter
son attaque et sa stratégie suivant le passage et le type d'ennemis
(très variés et possèdant chacun des armes très spécifiques, soit-dit
en passant). Ceci est encore plus valable pour les boss de fin de niveaux.
Cela donne au jeu une profondeur rencontrée rarement. Le jeu est réparti
sur sept niveaux, tous très différents et très beaux (caverne, jungle,
base high-tech,...).
La réalisation technique est époustouflante, c'est une vraie
démonstration du savoir faire d'Hudson et de la qualité technique de
la SupergrafX, nettement supérieure à sa petite soeur la Coregrafx.
Les graphismes sont fins et détaillés, la maniabilté est fantastique
: on s'amuse à faire voler et sauter son robot dans tous les sens tellement
la maniabilité est réaliste (ndKabuki : ???) et précise. La musique
est magistrale, les airs sont très entraînants et rythment parfaitement
l'action. La durée de vie n'est pas en reste grâce à une difficulté
progressive mais qui devient, à partir du niveau 5, assez élevée.
En cherchant bien, le seul petit reproche que j'aurai à faire c'est
qu'il est un peu lassant et que l'on n'y revient pas très souvent. Faut
dire que lorsque l'on a utilisé dix vies à essayer de passer un niveau
et que l'on n'y arrive pas, on n'y rejoue pas tout de suite... Mais
le jeu est exceptionnel. Sa grande qualité technique et sa fantastique
jouabilité en font un des meilleurs jeux d'action créé par Hudson.
Des fois je me mets à imager ce qu'aurai pu donner l'utilisation de
l'Arcade Card et du CD sur la SupergrafX avec des intros en HuVideo...
Thibaut
Il suffit que l'on me parle de Granzört,
pour que je ne puisse m'empêcher de penser à la chaîne
de magasins "Continent". Le rapport semblera assez lointain
à l'archi-majorité d'entre vous, mais les quelques loustics
qui, comme moi, ont joué des coudes dans ces supermarchés
pour approcher un paddle SuperGrafX sauront de quoi je parle. C'est
donc debout, à la lutte avec des milliards de roublards qui ne
pensaient qu'à me chourrer la manette des mains, que j'ai taté
du Granzört pour la première fois. Et là,
même dans des circonstances aussi hostiles, il fallait vraiment
être un immonde con pour ne pas se rendre compte de la réelle
puissance émanant de ce jeu.
A l'époque (1990), une seule chose lui a été préjudiciable
: la confrontation avec le The Super Shinobi de la Megadrive,
qui reste encore aujourd'hui l'un des meilleurs jeux de tous les temps.
Un face à face qui encourageait plutôt à se payer
une MD et non une SGX, obligeant bêtement à se passer de
Granzört...
Aujourd'hui, tout ça semble un peu révolu,
mais au moins il nous reste une chose : l'HuCARD de Granzört,
la classe ! Ce jeu est l'adaptation d'une série animée
de la Sunrise datée de 1989, et faisant office de spin-off à
la célèbre série Wataru (également
adaptée en jeu vidéo sur PC Engine : Majin Eiyû
Den Wataru). On ne trouve malheureusement pas la moindre goutelette
de scénario dans ce jeu SGX, qui se contente de distiller toutes
les saveurs d'un grand Action/Plates-formes, sans s'écarter de
la voie qu'il s'est choisi. Du moment qu'il le fait bien, on ne va pas
se plaindre.
La principale caractéristique du titre repose sur
la possibilité de changer de héros à tout moment,
à la manière de Valis III et IV. Trois robots
aux capacités différentes (vitesse, puissance, arme, ...
le père Thibault a déjà tout expliqué) sont
à la disposition du joueur, lui prodiguant ainsi une vaste gamme
de pouvoirs. Cette possibilité joue énormément
en la faveur de Granzört, en diversifiant de manière
significative le gameplay. Dommage cependant que l'équilibre
entre les robots n'ai pas été un peu réajusté,
dans la mesure où l'armure Wind (verte) est nettement plus utilisée
que la Granzört (rouge) et la Aqua (bleue).
Après un Battle Ace réussi mais faisant
parfois davantage penser à une démonstration technique
des capacités de la SuperGrafX qu'à un véritable
jeu, Granzört met tout le monde d'accord. La réalisation
est excellente à tout point de vue, mis à part les musiques
qui sont un ton en dessous, tout en restant tout à fait convenables.
Les graphismes sont fouillés, pas très fins mais colorés,
et l'animation ne souffre d'aucun reproche. En plus de ça, la
durée de vie est correcte -sans plus-, certains boss étant
assez coriaces. Paradoxalement, on trouve des one-ups dans tous les
coins, et il n'est pas rare de voir son compteur de vies dépasser
les trente unités !
Mais plus que toutes ces considérations techniques,
c'est bel et bien sa jouabilité impeccable et son plaisir de
jeu royal qui font de Granzört un très grand jeu
sur SuperGrafX. Les possesseurs de cette brillante machine l'auront
sans doute déjà acheté depuis longtemps. Quant
aux autres, à moins de revendre leur Core ou leur Duo pour se
payer une SGX, ils n'auront que leurs yeux pour pleurer...
Kabuki