Plus connu des joueurs américains sous
le nom de Riot Zone (ce qui explique la jaquette ci-dessus), Crest
Of Wolf était assez attendu des joueurs. Après tout, des jeux "à
la Final Fight", y en a pas des masses sur PC-Engine. Passons
sur le scénario -d'une banalité affligeante- pour nous plonger dans
ce qui est, disons-le sans détour, un nouvel ersatz du hit de Capcom.
Premier point en la défaveur de Crest Of Wolf
: on ne peut y jouer à deux. Alors bon, ils sont sympas les gars de
Westone (vous me direz, ceux d'Hudson y sont aussi pour quelque chose...),
on les aime bien au village, mais c'était quand même la moindre des
choses que de proposer cette option dans un jeu de ce genre, qui plus
est assez attendu (bis). On se contentera donc du mode en solitaire,
d'une désespérante platitude. Heureusement, me direz-vous, on peut choisir
entre deux personnages différents : le bon vieux d'jeun' à qui on a
irrémédiablement collé l'étiquette "blond / t-shirt blanc / jean
/ baskets", et son pote punk. Nos deux amis, Hawk et Tony pour
ne pas les citer, vont donc déambuler dans les rues de Kowloon, histoire
d'aller retrouver leur copine enlevée par le syndicat du crime Dragon
Zone : bah voilà, finalement, on l'a notre scénario (il faut le dire
vite...). A leurs dispositions, aucune arme, juste leur poings et surtout,
surtout, le coup de pied sauté : si cette prise a toujours plus ou moins
bien fonctionnée dans les jeux de baston à progression, elle n'aura
jamais été aussi efficace que dans Crest Of Wolf. Imparable et suffisamment
puissante pour que l'on puisse finir le jeu sans aucun problème et,
par là même, en réduire grandement l'intérêt. En fait, comme la démarche
de Hawk le montre si bien, on se ballade dans les cinq longs niveaux,
et on ne rencontre aucune difficulté pour en voir le bout. Et puis bon,
c'est pas trop le jeu auquel on va rejouer régulièrement...Crest Of
Wolf présente également le défaut d'être extrêmement répétitif, comprenez
par là qu'il ne se passe pas grand chose, mis à part les quelques loustics
qui viendront vous chercher des noises : "avancer et frapper",
telle semble être la devise de nos héros...et attention, pas plus de
cinq coups différents, il ne faut pas exagérer.
Les environnements traversés sont plutôt nombreux
et variés (il faut bien !) même s'ils sont d'un esthétisme souvent discutable.
Les sprites sont corrects (si l'on oublie leurs animations parfois ridicules)
mais souffre d'un gros manque de diversité : sept ou huit sprites ennemis
différents (boss non compris) dans tout le jeu, et bien sûr leurs jumeaux
colorisés (bleus, verts, rouges...). De plus, ça m'aurait fait bien
plaisir que les programmeurs ne réutilisent pas des routines déjà vues
dans Final Fight ou Bare Knuckle, aussi bien pour les
décors que les personnages. Quant aux musiques, elles sont bonnes, même
si on a parfois plus l'impression de se trouver dans un piano-bar que
dans une ruelle malfamée.
En bref, et même si le ton était plutôt négatif
jusque là, Crest Of Wolf n'est pas un mauvais jeu. Disons qu'il suffit
de deux ou trois essais pour s'en être lassé, et ça c'est difficilement
pardonnable pour un jeu contre lequel il faut donner de l'argent; argent
qui pourrait servir à se procurer un produit LARGEMENT meilleur.
Kabuki